Economie solidaire : La mairie de Bayonne autorisée à faire  des paiements en monnaie locale l’eusko

 

Selon l’AFP, le tribunal administratif de Pau a jugé que la procédure initiée par la sous-préfecture de Bayonne (France) contre la mairie de la ville qui souhaite effectuer certains paiements municipaux en monnaie locale basque, l’eusko, n’avait pas lieu d’être. Un non-lieu motivé qui s’explique par des questions juridiques selon d’autres sources concordantes.

La mairie de Bayonne avait voté le 19 juillet, à l’unanimité, une délibération prévoyant d’accepter les paiements en euskos de la part des usagers mais aussi « de participer à la redistribution de la monnaie locale à des tiers qui seraient volontaires ». Le texte, qui autorisait la Ville à signer une convention en ce sens avec l’association Euskal Moneta, à l’origine de l’eusko, envisageait ainsi de pouvoir effectuer « le versement d’indemnités aux élus et de subventions aux associations ainsi que le règlement de factures » dans cette monnaie locale basque.

Selon le tribunal, la convention a déjà été signée entre la ville et Euskal Moneta, donc demander l’annulation de la délibération autorisant cette convention n’a plus de sens. L’Etat peut toutefois entamer une nouvelle procédure contre la convention elle-même.

Une Monnaie locale basque, écologique et solidaire

Pour rappel, l’idée de l’eusko débute quand une dizaine de bénévoles se réunissent en juin 2011 puis créent l’AMBES (Association pour la création d’une Monnaie locale basque, écologique et solidaire) pour créer une monnaie locale complémentaire en prenant exemple sur d’autres monnaies en circulation en France, l’objectif étant de créer un nouvel outil au service du territoire, de ses habitants et de sa langue. Le choix du nom est venu lorsque l’AMBES a demandé aux citoyens de choisir un nom pour leur monnaie locale.

 

 

L’eusko a commencé à exister le 31 janvier 2013, avec l’impression de 343 538 eusko sous forme de billets. Dès le début, l’Eusko a été accepté dans tous les établissements qui ont été associés à la démarche. Selon les créateurs de l’eusko, 650 entreprises et associations acceptent l’eusko comme moyen de paiement, l’Eusko s’est ainsi étendu à plus de 3 000 utilisateurs.

Pourquoi une monnaie locale?

Une monnaie locale complémentaire (MLC) permet de se réapproprier cet outil incroyablement puissant qu’est la monnaie. En effet, avec une MLC on peut mettre en valeur l’activité écologique, solidaire, éthique des prestataires locaux en les faisant bénéficier de la visibilité d’un réseau original.

Avec cette monnaie, on favorise l’économie locale, donc les circuits courts, comme le font déjà les AMAPs. Cela réduit les transports et augmente le lien social.

Avec une MLC, le fond de garantie (les Euros qui sont confiés à une structure locale en échange de MLC) ne peut servir à la spéculation financière, et une partie peut être utilisée pour soutenir des projets locaux, sans que cela ne coûte rien aux utilisateurs ni aux prestataires.

Enfin, une MLC permet de briser l’idée que l’argent contrôle tout et que personne ne contrôle l’argent !

Par Kamel Grar

 

Comment ça marche ?

La plus petite valeur de l’eusko est le billet d’un eusko, il ne peut donc pas être séparé en dessous de ce montant. L’eusko a un taux de change à parité avec l’euro (1 eusko = 1 euro), de façon à ce que le prix d’un article peut être intégralement payé en eusko, mais si le prix n’est pas rond, la différence sera payée en euros2. Par exemple, un article coûtant 3,50 € peut être payé avec 3 eusko et 50 centimes d’euros.

Sa devise est Euskoa denen esku, qui signifie en basque « L’eusko dans les mains de tout le monde ».

L’eusko a été lancé sous forme de billets permettant à l’utilisateur d’échanger avec des valeurs allant du billet d’un eusko au billet de vingt eusko.

L’apparence des billets varie en fonction de la valeur :

  • le billet d’un eusko est bleu, et a une image de txalapartadessus ;
  • le billet de deux eusko est rouge, et a une scène de danse souletine dessus ;
  • le billet de cinq eusko est gris, et a une scène campagnarde dessus ;
  • le billet de dix eusko est jaune, et a une image d’un tableau noir avec les pronoms basques Nor-Nori-Nork;
  • le billet de vingt eusko est violet, et a une image de port industriel de Bayonne avec quelques grues.

Plusieurs systèmes de sécurité protègent les billets contre la contre-façon, à l’instar des systèmes existant pour l’euro.

Euskal Moneta a lancé le 19 mars 2017 un système de comptes en ligne, gérés par l’association. Les utilisateurs peuvent créditer leur compte en versant des euros à Euskal Moneta, qui les transforme en eusko crédités sur leur compte. Les utilisateurs peuvent ensuite réaliser des virements de compte eusko à compte eusko, ou payer par carte dans les commerces du réseau équipés d’un terminal de paiement fourni par Euskal Moneta. La carte de paiement de l’Eusko s’appelle l’euskokart.

En juin 2017, 580 000 eusko étaient en circulation, utilisés par 3 000 personnes et 650 entreprises et associations acceptaient la monnaie. Les villes de Hendaye, Ustaritz, Mendionde et Bayonne ont adhéré depuis à l’Eusko. (Source : wikipedia.org/wiki/Eusko).

Enfin cette « Monnaie complémentaire » associative l’eusko compte désormais 3.000 adhérents particuliers et 700 professionnels ou associations, dont un tiers ont même ouvert des comptes numériques alimentés en euskos pour recevoir des paiements par carte.

http://www.libreafrique.org/content/les-monnaies-compl%C3%A9mentaires-un-outil-de-d%C3%A9veloppement-%C3%A9conomique

 

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